Attribut alt d’une image : à quoi ça sert vraiment ?

Une image sans attribut alt, c’est un peu comme un panneau de signalisation retourné : les humains s’en sortent à peu près, mais les moteurs de recherche et les lecteurs d’écran, eux, passent complètement à côté. L’attribut alt — pour alternative text — est une balise HTML minuscule qui a un impact bien plus large que sa taille ne le laisse supposer.

Que vous gériez un blog, un site e-commerce ou une présence sur les Réseaux sociaux, bien renseigner vos textes alternatifs améliore à la fois votre positionnement dans les résultats de recherche et l’expérience des utilisateurs en situation de handicap visuel. Pas besoin d’en faire des tonnes : les règles sont simples, mais encore faut-il les connaître.

Ce que fait vraiment l’attribut alt

Trois rôles distincts, pas un seul

L’erreur la plus fréquente : croire que l’attribut alt sert uniquement au SEO. En réalité, il joue trois rôles bien séparés, et les confondre mène à de mauvaises décisions rédactionnelles.

  • Accessibilité : les lecteurs d’écran — utilisés par des millions de personnes malvoyantes dans le monde entier — lisent le texte alt à voix haute à la place de l’image. Un alt vide ou bâclé rend la page incompréhensible pour eux.
  • Référencement naturel : Google ne « voit » pas les images comme un humain. Il lit le texte alt pour comprendre ce que représente une photo ou une illustration, et l’indexe en conséquence dans Google Images.
  • Fallback visuel : si l’image ne charge pas (connexion lente, URL cassée), le texte alt s’affiche à la place. Utile surtout pour les images fonctionnelles ou informatives.

✅ À retenir

Un bon attribut alt sert simultanément l’accessibilité, le SEO et la robustesse technique de la page. Ne le rédigez pas uniquement en pensant à Google.

La syntaxe HTML, en deux mots

L’attribut se place directement dans la balise <img> :

<img src="chien-berger-allemand.jpg" alt="Berger allemand assis dans un parc en automne" />

Rien de plus. Pas de balise supplémentaire, pas de plugin obligatoire. La plupart des CMS comme WordPress exposent un champ dédié à cet attribut dans l’interface d’upload d’image — il n’y a qu’à le remplir.

⚠️ Les erreurs qui coûtent cher en SEO

Le bourrage de mots-clés, fléau classique

Rédiger alt="chien chien chiot berger acheter chien pas cher" ne trompe plus personne depuis 2012. Google pénalise ce type de pratique sous le terme de keyword stuffing. Un texte alt doit décrire ce que l’image montre — point. Si votre mot-clé s’intègre naturellement dans cette description, tant mieux. Sinon, laissez-le de côté.

⚠️ À garder en tête

Ne rédigez jamais le même texte alt pour deux images différentes sur la même page. Google traite cela comme du contenu dupliqué, ce qui dilue la valeur SEO de chaque image.

L’alt vide : parfois une bonne idée, souvent une erreur

Un attribut alt vide (alt="") n’est pas forcément une faute. Pour les images purement décoratives — une ligne de séparation, un fond graphique, une icône sans sens informationnel — le laisser vide est même recommandé par les WCAG (Web Content Accessibility Guidelines). Le lecteur d’écran ignorera alors l’image, ce qui fluidifie la lecture.

Le problème, c’est quand on laisse l’alt vide par négligence sur une image qui véhicule une information réelle. Une photo de produit sans alt, c’est une opportunité SEO ratée et une barrière d’accessibilité inutile.

🖼️ Type d’image 📝 Recommandation pour l’alt
Image décorative (fond, séparateur) alt= » » (vide)
Photo de produit Description précise du produit + couleur + contexte
Infographie ou schéma Résumé du contenu informatif transmis
Logo Nom de la marque + « logo »
Image de blog illustrative Description de la scène, en rapport avec le sujet de l’article

🎯 Rédiger un bon texte alt : méthode concrète

La règle des 125 caractères

Les lecteurs d’écran tronquent souvent le texte alt au-delà de 125 caractères. Soyez précis, pas exhaustif. Décrivez l’essentiel en une phrase courte. Pas de « Image de… » ou « Photo montrant… » en préfixe — le lecteur d’écran annonce déjà qu’il s’agit d’une image.

💡 Notre conseil

Pour tester vos textes alt, désactivez l’affichage des images dans votre navigateur et naviguez sur votre propre site. Si vous comprenez le contenu de chaque image uniquement grâce aux textes affichés à la place, vous avez bien travaillé.

Exemples concrets, bons et mauvais

Un exemple vaut mieux qu’une règle abstraite. Prenons une photo d’une recette de tarte aux pommes :

  • Mauvais : alt="tarte pommes recette dessert facile rapide" → bourrage de mots-clés, inutile
  • Passable : alt="tarte aux pommes" → trop vague, manque de contexte
  • Bon : alt="Tarte aux pommes dorée sortant du four, posée sur une grille en bois" → descriptif, précis, naturel

Même logique pour une image de couverture d’article sur les ressources visuelles : l’alt devrait refléter le sujet traité, pas juste le nom du fichier. Si vous travaillez sur vos visuels web, jeter un œil à ce que couvre Images réseaux sociaux : où trouver les meilleures ressources visuelles peut vous faire gagner du temps sur toute la chaîne de production d’images.

Le nom de fichier, allié souvent ignoré

Le texte alt n’agit pas seul. Google croise aussi le nom du fichier image avec le texte alt et le contexte de la page. IMG_4872.jpg ne dit rien à personne. recette-tarte-pommes-maison.jpg, en revanche, renforce le signal sémantique. Les deux doivent se compléter, sans se dupliquer mot pour mot.

~58%

des pages web présentent des images avec un attribut alt manquant ou vide selon les audits WebAIM

Alt, SEO local et contexte multilingue

Adapter l’alt à la langue de votre audience

Si votre site cible des marchés internationaux, le texte alt doit être rédigé dans la langue de la page, pas dans une langue universelle. Une version en français devra avoir un alt en français, une version en anglais — english, donc — un alt en anglais. Idem pour l’espagnol (español), le portugais (português), l’allemand (deutsch) ou l’italien (italiano).

Les CMS comme WordPress Multisite ou des plugins de traduction comme WPML permettent de définir des attributs alt différents par langue. Ne laissez pas un texte alt en français s’afficher sur votre version en anglais du United Kingdom ou d’España — c’est à la fois mauvais pour le SEO local et déroutant pour les utilisateurs de lecteurs d’écran.

1
Auditer
Utilisez un outil comme Screaming Frog ou Ahrefs pour lister toutes vos images sans alt ou avec un alt générique.
2
Prioriser
Commencez par les images des pages à fort trafic ou des fiches produit — c’est là que le ROI est le plus immédiat.
3
Corriger et tester
Rédigez les textes alt manquants, republiez, puis vérifiez dans la Search Console si vos images remontent dans Google Images dans les semaines suivantes.

SEO image et Core Web Vitals : le lien indirect

L’attribut alt n’affecte pas directement les Core Web Vitals, mais il s’inscrit dans une démarche d’optimisation plus large. Une image bien nommée, bien décrite et correctement dimensionnée contribue à une page cohérente aux yeux de Google. Les signaux se cumulent : texte alt pertinent + bonne compression + lazy loading = image qui a toutes ses chances d’être bien classée.

✅ Bonnes pratiques ❌ À éviter
• Description précise et naturelle
• 80-125 caractères maximum
• Mot-clé intégré si pertinent
• Alt vide pour les décos
• Cohérence avec le nom de fichier
• Bourrage de mots-clés
• Copier-coller du même alt sur plusieurs images
• Laisser l’alt vide pour des images informatives
• Commencer par « Image de » ou « Photo de »
• Dépasser 200 caractères

L’attribut alt reste l’une des optimisations les plus simples à mettre en place, avec un retour mesurable sur l’accessibilité et le trafic organique. Peu de développements techniques requis, zéro budget supplémentaire, et un impact qui se lit clairement dans les rapports de Search Console quelques semaines après correction. Difficile de trouver un meilleur rapport effort/résultat en SEO on-page.